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La dictée à fautes

Pour commencer nos animations, l'activité "Dictée" vous propose une dictée à fautes, à vous de les dénicher ...



Mars en Avesnois au début du XXe siècle Aussi loin que j'en ai la mémoire, je me revois dans mon petit village niché dans le vallon boisé, rêvant déjà de devenir le saute-ruisseau de mon père, tabellion du bourg. Le début de Mars était souvent brumeux et frais. L'hiver tenace prolongeait sa mauvaise humeur avec des bourrasques réfrigérentes, des brouillards givrants, des giboulées de grèle, des flocons bien après que le pâle soleil se fût couché. À l'école élémentaire, le maître nous confiait une importante mission : glaner dans la campagne tout ce que le renouveau faisait jaillir ou revivre sous la poussée de la sève; c'était la matière aux mémorables leçons de choses. Nous allions cueillir les crocus à fleurs mauve ou nacarat, nous faisions des bouquets de rameaux de noisetiers ornés de leurs petites chandelles vert jaune. Les saules marsauts nous offraient leurs énormes châtons odorants. Les arbustes semper- virens, tels les houx, les aucubas aux feuilles piquées de points jaunes pâles, les lauriers-thyms des parterres nous rappelaient une nature toujours bien présente. Nous découvrions les violettes dissimulées au sein des ficaires vernis, aux fleurs bouton d'or. Notre instituteur, homme lettré s'il en fut, nous faisait apprendre par cœur le très beau poême de Théophile Gautier tiré de son recueil « Émaux et Camées » : Premier Sourire du printemps. Tandis qu'à leurs œuvres perverses Les hommes courent, haletants, Mars qui rit, malgré les averses, Prépare en secret le printemps Mes deux mères-grands, presque octogénaires, me le récitaient sans la moindre hésitation. J'étais émerveillé de les voir toujours aussi vives, aussi belles, sans la moindre ride, avec leurs beaux cheveux argentés joliment crolés et je me disais qu'indéniablement, elles restaient des ans parées. À la saint Joseph, le 19 Mars, les cloches de l'église sonnaient à toute volée appellant la population à la messe dite pour les bûcherons, les charrons, menuisiers mais aussi pour les carilloneurs et les fossoyeurs. Chaque homme et chaque femme récitait dix paters et dix aves. Après l'office, des concours de crosse au but, des jeux de quilles, de fléchettes se déroulaient sur la petite place et dans l'estaminet. La bière coulait à flot, tirée par les pompes en étain, décorées de céramiques aux couleurs vives. Les oiseaux migrateurs revenaient à tire d'aile, tout heureux d'avoir échappé, pendant leur long voyage, aux pièges et leurres divers. Bientôt, nous retrouverions dans les prairies l'odeur hyrcine des chèvres et les seilles à traire se rempliraient à ras bord (s). Les mulcions des vaches frisones feraient la fierté des métayères de la région tout entière. Le renouveau apportait des forces nouvelles, l'envie de retrouver les champs et les jardins. Je me rappelle le dicton de mon grand-père : «Sème tes petits pois à saint Patrice (le 17 mars) Tu en auras pour ton caprice ». Christian LELIEVRE Champion de France d'orthographe Champion de la dictée des Amériques (Québec)

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